
S’affirmer, oui mais comment ?
Qualité indispensable au manager, mais aussi à tout un chacun, des collaborateurs d’entreprise aux indépendants, l’affirmation de soi permet de faire appliquer les règles et les cadres, les limites à ne pas dépasser, le respect dû à la fonction comme à la personne.
Si tout le monde est d’accord sur ce premier constat, on peut légitimement se poser la question du comment. Comment s’affirmer sans blesser, comment s’affirmer sans élever la voix, en un mot comment s’affirmer dans la bienveillance.
C’est la différence subtile apportée par le terme assertivité[1] lorsqu’on traite ce sujet. L’assertivité me semble la forme la plus élevée de l’affirmation de soi parce qu’elle tient compte de l’autre. Il s’agit de respecter l’autre tout en se respectant soi-même.
Alors que j’animais des formations destinées à un public d’agents de sécurité, j’ai souvent rencontré la thématique de l’affirmation à sens unique. « Que cela plaise ou non, l’administré doit se soumettre à la règle, c’est ainsi et pas autrement » ai-je souvent entendu de la part de mes stagiaires. Protégés et validés par leur uniforme, ceux-ci se sentaient parfois dispensés de bienveillance lors de leurs interactions avec leur public. C’est un choix de comportement et il est certes efficace, cependant il y a moyen de faire autrement.
En choisissant la position d’autorité, l’agent est en effet respecté sur le moment. Si toutefois il a omis de respecter l’autre, de faire appel à son intelligence, de faire preuve de pédagogie en expliquant les règles à ne pas enfreindre, l’autre va développer du ressentiment et la relation en sera affectée sur le long terme. En revanche en consacrant quelques minutes pour adopter une attitude plus compréhensive, pour conclure un marché gagnant-gagnant, par exemple, ou obtenir l’adhésion de l’autre à la décision, on s’engage dans une démarche bienveillante qui sera gratifiante.
En effet, la personne qui ne s’affirme que dans l’autorité voire l’autoritarisme va vite s’épuiser et se trouver confrontée à du rejet, de l’inimité ou de la haine, ce qui ne manquera pas d’user son énergie et d’affecter son moral.
A l’inverse, à trop vouloir donner la place à l’autre on risquera de ne pas respecter ses propres besoins et limites, on peut se figer dans une attitude de fuite ou de passivité, ce qui est tout aussi néfaste dans la durée, l’estime de soi étant en jeu.
Dans un contexte de management, l’assertivité du manager qui adopte une posture respectueuse tout en restant ferme va créer un meilleur climat dans l’équipe en permettant les échanges et le dialogue. Quant à la performance, c’est dans un environnement de travail serein qu’elle se développe le mieux.
Alors, êtes-vous assertif ?
Pour recevoir le test d’assertivité conçu par Dominique Chalvin, le lecteur pourra me contacter en message privé.
Photo Marcos Paulo Prado
[1] L’assertivité est la capacité de s’exprimer et de défendre ses droits et opinions de manière claire et respectueuse, sans être ni agressif ni passif. Il s’agit de trouver un équilibre entre l’affirmation de soi et le respect d’autrui.